• Rose, Klaxons et CYHSY!
    2007:03.Apr


    La liste (Europe 1 - On connaît la musique - 07/04/07)

    Rose, Rose
    fin 2006

    Rose, elle écrit elle-même ses textes et ses accords. C’est devenu encore plus vrai depuis qu’elle a laissé tomber sa vie d’institutrice pour vivre de ses propres mots. Sur fond de gratte et de mélodie pop-folk, la nicoise fan de Janis Joplin nous livre un premier disque éponyme personnel où chacun peut s’y retrouver avec comme trame de fond un échec amoureux mis en musique comme une sorte de thérapie. “Sombre con” laisse deviner son ex. “La liste” est une sorte d’inventaire naïf de ces petits riens qu’on a envie de faire et dont on se dit que c’est mieux de les faire à deux, “J’ai” parle de ses moments de vague à l’âme, “A l’envers” des mauvais choix, “Les jeux sont faits”, est une parabole de l’amour et du jeu… Sur scène, avec sa guitare en bandouillère et ses bottines, l’artiste nous touche et son microcosme intimiste nous séduit tout autant que la femme pour l’avoir vu au Bataclan en février dernier. Au final, ce sont des tranches de vie fredonnées par une voix douce et esquintée, où le coup de blues côtoie les petits bonheurs futiles et durables sur des airs folk mais aussi jazzy. Les textes sont subtils, cyniques et incisifs, et il s’en dégage une certaine poésie contemporaine qui rappelle à juste titre ses influences comme Janis Joplin et Bob Dylan. Bref, ca sonne juste, ca nous parle et c’est l’essentiel.


    Golden Skans (extrait)


    Gravity’s Rainbow (extrait)


    Atlantis to Interzone (extrait)

    Klaxons, The Myths of the Near Future
    sorti fév 07

    Ce disque a atteri dans ma discothèque, rayon les indispensables, en un temps record sans prévenir. Télescopage d’un rock hédoniste et d’une électro rave qui les distingue tout de suite des autres. Ce trio de Brighton vous attrape au mollet et vous balance au milieu d’une piste dans une euphorie digne de la scène rave qui a dominé l’Angleterre de la fin des années 80 et début 90 et que vous mixez à l’esprit post-punk. Passé l’étiquette ‘New Rave’ qu’ils se sont collés eux-mêmes dans l’urgence, histoire d’aider les médias dans leur soif de rangement musical, quand on écoute l’album on est en face de morceaux pas si rave que ca, à l’énergie plus rock qu’électro et on vient à se demander si eux-mêmes savent vers quels styles ils vont mais au fond on s’en tape non? C’est fun à écouter et le mélange des genres est chargée d’une telle énergie qu’elle donne envie de vous lever et de bouger, ce qui au fond est bien plus important que toute tentative d’analyse de genres. Prenez “Gravity’s Rainbow” avec sa basse vrombissante, ses riffs punks et ses synthés hypnotiques, le glorieux “Golden Skans”, le sombre et l’épileptique “Magick” et les sirènes d’“Atlantis to Interzone” qui interpelle le “DJ!” et vous obtenez un kaléidoscope musical percutant, affolant et électrifiant. Alors ok, ils ont fait la une de tous les journaux, tout le monde en a parlé et en parle toujours, leur hype attitude qu’ils n’ont jamais cautionné a ramené les tshirts flashy à la mode, ils ne vont pas révolutionner le genre musical mais il reste un premier album ‘dansant’ terriblement efficace.


    Satan Said Dance (extrait)

    Clap Your Hands Say Yeah!, Some Lound Thunder
    sorti jan 07

    Début 2006, le premier album des CYHSY sortait et recevait un excellent accueil à la fois du public et des artistes et influences du groupe, à juste titre. A en choisir qu’un, le morceau “My yellow country teeth” résumait à lui tout seul le génie d’un groupe indie aux mélodies brillantes et puissantes : les textes y sont drôles, on tape du pied de manière compulsive, on s’agite et l’air nous restait collé à la tête. C’était donc avec une certaine impatience que j’attendais leur second album… Some Lound Thunder sort en janvier et j’avoue être déçu. D’abord, il y a eu cette désagréable sensation dès le premier morceau que cela avait été enregistré avec du matos limite Fisher Price tellement c’était inaudible et crade. Puis le reste est venu et ca allait un peu mieux avec des repères qui revenaient à l’écoute du psychédélique “Love Song n°7″ ou le virulant “Satan Said Dance”. Mais à part ces deux morceaux, le reste n’a pas suivi. Certes, on sent que le groupe a muri et qu’il tente des compositions aux inspirations intéressantes et variées (“Emily Jean Stock” ou “Goodbye to Mother and the Cove”) mais au final le tout m’a semblé insaisissable et vide. Là où je pensais retrouver ou découvrir la suite d’un premier opus plein d’émotions, mes oreilles se sont épuisés à suivre un cortège de cuivres, de claviers et de choeurs qui se déchainaient en pagaille. Ereintant.


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